Le Lavo//matik Arts Urbains : lieu de vente et de création (2)

Cet article fait suite à celui-ci, que je vous invite à aller lire d’abord. 

     Lors de mon entretien avec Benoit Maitre, le Lavomatik exposait l’artiste Lou Hopop. L’occasion de parler un peu de son travail, de celui des autres artistes, déjà exposés ou à venir, et de comprendre ce que c’est qu’être rock’n’roll quand on fait du street art. Et Ben m’a également raconté ses rapports avec ses voisins, les galeries Itinerrance, Mathgoth, GCA et Art&Craft. 

Est-ce que tu peux nous parler de l’exposition qu’il y a autour de nous en ce moment ?

C’est l’expo de Lou Hopop, c’est une jeune fille d’une trentaine d’années qui est une super dessinatrice et qui a un humour et un esprit assez rock’n’roll, assez trash, et qui peut être assez poétique en même temps. Et qui était venue nous voir il y a deux ans et demi, un truc comme ça. Elle a montré ce qu’elle faisait et du coup on a commencé à montrer son travail sur les murs ouverts. Personnellement j’aimais beaucoup, et y a d’autres gens qui aimaient bien puisqu’ils ont acheté des pièces. On a toujours bossé comme ça, et à un moment donné je lui ai proposé de faire une expo solo, sa première, non pas parce que c’est quelqu’un de connu avec qui t’es sûr que tu vas vendre, mais parce que c’était le moment par rapport à son travail. Elle avait la maturité pour présenter une palette assez large de choses. Et c’est la chance qu’on a de pouvoir prendre ce genre de risque, puisqu’on est pas qu’une galerie, donc on est pas tributaire uniquement de la vente de toiles. C’est pas mal parce que ça donne leur chance à plein d’artistes. Je suis pas sûr qu’une galerie traditionnelle prendrait ce risque. Là je crois que la pièce la plus cher est à 700€. Si je prends mes collègues d’à côté, la pièce la moins chère est à plus de 700€.

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Les collègues d’à côté justement, vous collaborez parfois ?

Ah, oui, oui. Déjà on se connait depuis longtemps tous, donc on s’entend très bien. On se considère pas comme des concurrents. Moi, avec cette activité de bouquins et tout ça, c’est plutôt complémentaire avec ce qu’ils font. Et on se marche pas sur les pieds au niveau des artistes qu’on expose puisqu’on est pas sur les mêmes cibles. Tu prends Itinerrance par exemple, qui est le plus proche, c’est des artistes qui sont déjà beaucoup plus matures et connus, qui travaillent plutôt sur des grands formats, comme Pantonio. C’est plus des artistes internationaux. Mathgoth c’est pareil. Moi je travaille avec des artistes qui peuvent avoir un gros niveau et une grosse notoriété, du style de Mosko, Jeff Aérosol, Stew, Rnst, Epsylon… Mais les grands internationaux c’est pas ce que je fais ici. Je cherche pas forcément à le faire d’ailleurs.

Est-ce qu’il y a un artiste en particulier que t’as pas encore pu exposer et que tu aimerais voir sur les murs du Lavo ?

À la limite y en a plein, donc je vais pas en citer un en particulier.

Et un avec qui tu as travaillé et qui te laisse un souvenir particulier ?

Y en a plusieurs, et quand tu reprends un peu le fil de ce qui s’est passé, pour chaque expo t’es dans l’énergie de cette expo-là, et sur le moment c’est vraiment l’artiste que t’as envie de pousser. Après y en a avec qui t’as des relations plus suivies. Un gars comme Rnst pas exemple : ça a été la deuxième expo qu’on a faite en 2014. On en a refaite une deux ans après et y a des chances qu’on en refasse dans le futur aussi. C’est certainement l’artiste avec qui on bosse le plus, que ce soir sur toiles ou en sérigraphies. Donc c’est une super rencontre, c’est un vrai plaisir de travailler avec lui. On a un peu le même univers, le rock, ça correspond bien. Donc il fait vraiment partie des artistes, pas exclusifs puisqu’on en a pas, mais qui sont vraiment des artistes importants pour le Lavo.

C’est important pour toi cette dimension un peu rock’n’roll dans les toiles ?

Pas forcément, mais j’aime bien. Mosko c’est pas rock’n’roll par exemple, mais j’aime bien parce que j’aime bien le personnage, j’aime bien ce qu’il fait même si c’est pas effectivement rock. Ça a un côté plus classique et à la fois différent.

Mais est-ce qu’il ne faut pas quand même un petit quelque chose d’irrévérencieux ?

Pas forcément. Parce que chaque artiste a son univers. Donc t’en as qui sont dans quelque chose de très plastique, d’autres qui vont être complètement dans du délire. Tu prends Lou en ce moment, c’est assez délire. Son univers, il a ce côté trash et poétique. Mais c’est pas forcément le cas de tout le monde. T’as pas forcément cette graine de folie, mais en même temps c’est un artiste donc il retranscrit son univers à lui et dans le fond c’est ça qui est important.

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L’intérieur du Lavo, vu de l’entrée

Pour terminer, j’aurais voulu avoir ton avis sur le débat un peu bateau du moment : vendre des toiles de personnes qui, fondamentalement, graffent dans la rue, est-ce que c’est en adéquation avec l’esprit du street art ? Est-ce que ça ne relève pas d’un paradoxe ?

Pour moi y a absolument pas de paradoxe. Je fais la comparaison avec la musique : c’est comme si on disait à un groupe qu’il peut jouer sur scène, mais faut pas qu’il enregistre. Un artiste fait des choses dans la rue s’il le veut, mais je vois pas sous quel prétexte il s’interdirait de travailler sur toile et de vendre ses produits. Parce qu’un artiste, s’il veut vivre de ça, il faut qu’il mange. Pour manger, faut qu’il vende. Et pour le public c’est le moyen d’avoir chez soi des choses qui lui parle, parce qu’il les a vues (ou non d’ailleurs) dans la rue. Donc ça ne me choque pas, et ce serait surprenant que je dise le contraire, sinon je ferais pas ça. Après je sais qu’il y a des gens pour qui l’art de rue ne doit être que dans la rue. Mais pour moi il n’y a pas de contradiction du tout.

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L’intérieur du Lavo, vu du fond de la galerie

Merci à Ben pour cet entretien. En ce moment et jusqu’au 11 novembre, le Lavomatik présente « Paris », une exposition collective, à l’occasion de laquelle Zabou est venue réaliser une superbe fresque sur l’espace extérieur. 

Le Lavomatik est ouvert du mardi au samedi, de 13h à 19h. Adresse : 20 boulevard du Général Jean Simon, 75013.

Le Facebook du Lavomatik : www.facebook.com/Le-Lavomatik-arts-urbains

L’Instagram de Lou Hopop : @louhopop

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