Instagram review – I

Parce qu’Instagram est à ce jour le meilleur réseau social pour relayer un travail artistique à grande échelle, et parce qu’à titre personnel, on kiffe y passer du temps, Kiffe Ta Culture a décidé de vous partager quelques coups de coeur. Premier épisode cette semaine, avec les cinq premiers comptes qu’on souhaite vous recommander. Au menu, du street art, évidemment, mais aussi de la photographie.

1 – Graffitis Pourris

(Toutes les photos sont des captures d’écran du compte Instagram Graffitis Pourris)

     Graffitis Pourris s’est donné la mission de recenser des graffs simples, bruts et énergiques. Des slogans un peu trash, un peu cons, qui amusent ou font réfléchir. Le but n’est pas de se moquer de ces phrases (qui pour certaines embaument les vapeurs d’alcool de fin de soirée), mais de relayer un contenu sans filtres. Sur Graffitis Pourris, on arrive à ne pas rire au dépens de ; on sourit et parfois on s’esclaffe avec ces graffeurs anonymes qui n’ont pas pu retenir leur main, et on les remercie pour ces messages incisifs qui nous rappellent qu’écrire sur les murs c’est aussi se réapproprier une parole trop souvent confisquée.

Lien vers le compte : @graffitipourris_official

2 – Art Is Trash

(Toutes les photos sont des captures d’écran du compte Instagram Art Is Trash)

     On reste dans le transgressif avec Artistrash. Ce compte est celui du passionnant Francisco De Pájaro : street artiste depuis 2009, il décide de s’exprimer dans la rue après un trop-plein de déceptions et galères diverses. Il revendique un art spontané et organique, loin de toute institution et appartenant au peuple. Pour ceux qui n’ont pas la possibilité de se balader dans Barcelone tous les jours, ville dont il a fait son principal théâtre d’opérations, son compte Instagram sera l’occasion d’avoir un aperçu de son travail aussi passionnant qu’éphémère. En effet, Art Is Trash, c’est avant tout une utilisation détournée du mobilier urbain et des déchets qui s’entassent dans les rues ; des œuvres qu’il est nécessaire de photographier pour les immortaliser.

Lien vers le compte : @artistrash

3 – Zut

(Toutes les photos sont des captures d’écran du compte Instagram de Zut)

     Toujours du street art, mais dans un style bien différent, avec Zut. Artiste originaire de la Réunion et oeuvrant maintenant beaucoup à Paris, il représente des personnages épurés aux oreilles de chat et aux traits géométriques. Si le côté minimaliste de son travail peut parfois échouer à retenir l’oeil dans la rue, sur Instagram, ses illustrations, photomontages et mises en scène diverses permettent de rendre justice à la qualité poétique de son univers. Le contraste avec les premiers graffs, plus colorés et plus bruts, est saisissant. On ne se lasse pas de regarder ces photos qui produisent un ensemble superbe de douceur et de tendresse, parfois sensuel, jamais cru, et toujours juste.

Lien vers le compte : @zut_artist

4 – Kimber Beck

(Toutes les photos sont des captures d’écran du compte Instagram de Kimber Beck)

     On passe à la photographie, mais on reste dans la douceur, avec le compte de l’artiste Kimber Beck, qui oeuvre sous le nom de Bimberkeck. Américaine de 26 ans, elle photographie des corps presque exclusivement de femmes, aux visages absents. Nimbé de tons pastels et de courbes paresseuses, ce compte sent bon le body positive. L’artiste compose des tableaux qui mettent en valeur une féminité assumée. Elle magnifie les poils pubiens en les remplaçant par de la laitue ou des fleurs sauvages, laisse apparaitre des veines bleuies et n’efface pas la cellulite d’une cuisse écrasée contre une autre. Et la candeur de ses photos nous prouve qu’une femme n’a pas besoin de se tenir droite et de sourire pour paraitre jolie.

Lien vers le compte : @bimberkeck_

5 – Elnaz Abedi

(Toutes les photos sont des captures d’écran du compte Instagram de Elnaz Abedi)

     Autre photographe, autre univers. On bascule cette fois nettement dans le surréalisme avec le compte d’Elnaz Abedi. Cette photographe iranienne propose une photographie conceptuelle où, encore une fois, les femmes sont à l’honneur. Quel que soit leur physique, leurs portraits sont toujours emprunts d’une beauté douce et mélancolique. L’artiste fournit aussi un travail très intéressant sur les couleurs, soit en opposant couleurs primaires et secondaires, soit en créant des monochromes qui permettent de jouer sur les matières, toujours avec pour sujet central des corps alanguis. C’est en tout cas un véritable plaisir de se perdre dans son univers absurde.   

Lien vers le compte : @elnaz_abedi

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