Vitry sur Seine en 5 oeuvres

J’ai d’abord découvert Vitry depuis les rails du RER C et par la vue qu’offre la gare, sans jamais m’y arrêter. Puis, le bouche-à-oreille m’a donné envie d’en voir plus et j’ai commencé à arpenter ses rues, pour finalement me faire une première longue promenade de 3h, appareil photo à la main, un dimanche d’octobre. J’ai ensuite eu la chance de participer à la 40e Rencontre des Agences d’Urbanisme. Toujours munie de mon appareil photo, mais cette fois-ci guidée par l’artiste Thom Thom, j’ai pu en apprendre plus sur l’immense richesse culturelle et populaire qu’abrite cette ville.


On commence avec un des spots les plus connus de la ville, celui des abords de la mairie. Là, on croise beaucoup d’oeuvres de tailles et de styles divers, qui forment un patchwork passionnant. Mais une fresque se distingue entre toutes : celle de l’artiste The Littlebrother. Colorée, graphique, les ombrages y sont maitrisés à la perfection et créent une illusion de relief saisissante. Placée devant ces escaliers en colimaçon et ces balcons angulaires, le contraste entre les courbes et les lignes de l’oeuvre font écho à celui de l’architecture.

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Après la mairie, la gare. La densité des oeuvres y est moins importante, mais l’on découvre quand même quelques pépites. Comme cette femme, silhouette en noir et blanc dont le regard inquiet est délicatement habillé par les plantes envahissant le mur. Toute l’intelligence de ce dessin réside dans son emplacement. Là où le street art est souvent impertinent et s’affiche sans concession, cette oeuvre est douce et discrète, de la tête perdue dans le feuillage jusqu’aux cuisses. Ces dernières se fondent dans le gris du mur, comme happées par la végétation, qu’elle soit réelle ou peinte.

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Toujours dans l’habile utilisation de l’environnement, voici un mur original, de la main de Tacosone. Un étonnant diptyque posé sur des briques rouges, de part et d’autre d’un portail, dans une tranquille zone pavillonnaire. Ce n’est pourtant pas le genre de support que l’on a l’habitude de voir quand on chasse les oeuvres de street art. Ici, le coloriage des briques, une à une, met à jour un Tetris minimaliste et futuriste, tout en nuance d’ocre et de gris, qui fascine par sa symétrie.

Bebar a pondu une sacrée quantité d’oeuvres à Vitry. Si les néophytes aiment à faire les éloges des portraits de C215 quand on leur parle de cette ville, pour moi, ce sont les peintures de Bebar qui sont le véritable emblème vitriot. Portraits surréalistes aux formes géométriques et aux couleurs acidulées, elles créent un pont entre graff et street art. J’ai eu un véritable coup de coeur pour celle-ci, posée dans une des rues principales menant à la gare. Les feuilles mortes qui jonchaient le trottoir ce jour-là créaient un magnifique prolongement du mur multicolore.

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Une rapide galerie pour vous donner un aperçu du reste du travail de cet artiste :

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Voici enfin un classique parmi les murs peints de Vitry. Une fresque magnifique que l’on doit à  ICY AND SOT. Sur un fond de ciel bleu, les différentes couches du pochoir créent une illusion émouvante en noir et blanc. Les cages et l’évasion sont un thème cher à ce duo d’artistes. À côté des tracts pour les futures municipales, cette image puissamment politique happe le regard du passant qui se retrouve à son tour prisonnier, incapable de détourner les yeux et obliger de se questionner : comment ces enfants ont-ils pu mériter d’être enfermés ? Comment puis-je les aider à sortir ? Cette oeuvre est une prouesse par sa technique, son sens et sa beauté.

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Retrouvez les artistes cités sur Instagram :

@the_littlebrother

@tacosone

@bebarbarie

@icyandsot

Vous pouvez aussi suivre le compte de l’association Vitry’N Urbaine, qui oeuvre pour la présence du street art dans les rues de la ville : @vitrynurbaine

 

7 commentaires sur “Vitry sur Seine en 5 oeuvres

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  1. J’avoue ne pas avoir de réponse précise pour ces oeuvres en particulier. En général, les graffeurs laissent une date avec leur signature. Vraisemblablement, celle de Bebar est là depuis 2015 (si je déchiffre bien). Ce qui est certain, c’est que Vitry a une politique de tolérance vis à vis du street art et que les oeuvres y ont plus de longévité qu’ailleurs.

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    1. Merci beaucoup pour ce retour ! Effectivement, Vitry vaut le coup. Si vous vous intéressez plus largement à l’art, et pas uniquement au street art, je vous recommande également de visiter le MAC VAL, un musée qui mérite lui aussi le détour.

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